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La gestion des connaissances et la performance des universités

Selon Dominique Foray et Fred Gault (« Mesure des pratiques de gestion des connaissances », Mesurer la gestion des connaissances dans le secteur commercial, OCDE, Paris, 2004), la gestion des connaissances recouvre toute pratique intentionnelle et systématique tendant à acquérir, saisir, partager et exploiter des savoirs productifs, où qu’ils se trouvent, afin d’améliorer l’apprentissage et les performances au sein des organisations. Cette gestion demande d’un investissement dans la création des capacités organisationnelles qui vise à faciliter l’identification, la documentation, la mémorisation et la diffusion de ressources cognitives, de capacités d’apprentissage et de compétences que les individus et les communautés engendrent ou peuvent engendrer et utilisent dans leur contexte professionnel.

Des exemples de pratiques de gestion des connaissances sont le partage de connaissances et l’affectation des ressources à la recherche et à l’acquisition de connaissances extérieures. Elles sont toujours de pratiques difficiles à observer et à appliquer. Néanmoins, il est de plus en plus évident que ces pratiques ont des effets importants sur l’innovation et sur les performances des entreprises et des organisations. L’adoption et la mise en œuvre de pratiques de gestion des connaissances peuvent être considérées comme une phase déterminante de l’intégration progressive des institutions dans une économie et des pratiques sociales de plus en plus fondée sur le savoir.

La gestion des connaissances n’est qu’un des investissements possible d’une économie fondée sur le savoir. D’autres comme l’éducation et la formation, les logiciels ou la recherche et le développement sont plus connus et très souvent leur réussite comporte implicitement une gestion des connaissances. Mais, aujourd’hui il y a plusieurs raisons pour placer la gestion des connaissances au centre des autres stratégies soient-elles de formation ou de recherche. Ces raisons sont particulièrement importantes pour les universités

Premièrement, certaines des pratiques les plus anciennes attachées aux politiques en matière des ressources humaines et d’emploi, qui contribuaient à la gestions des connaissances, ne sont plus en prise sur le réel. La transmission des savoirs tacites ont toujours été assurées par des institutions internes et des organisations externes (réseaux professionnels). La mémorisation et la transmission des savoirs montrent des défaillances significatives jusqu’au point de n’assurer que partiellement le transfert des savoirs. L’ancien système doit être remplacé par un nouveau système fondé sur d’autres méthodes de codifications qui assurent à tous les membres l’accès et l’assimilation des savoirs, notamment à l’information.

Le déroulement de la carrière des individus fait penser que leurs connaissances font partie intégrante du patrimoine intellectuel de l’entreprise. Cependant, les évolutions récentes en termes de mobilité des effectifs et, en ce qui concerne les universités la participation en réseau hors-établissement rendent nécessaire d’imaginer et mettre en place de nouvelles formes capables d’assurer la conservation en interne du savoir et de pérenniser les compétences et les acquis.

Le manque des mécanismes capables d’assumer une véritable gestion des connaissances peut facilement conduire à laisser passer une ou plusieurs innovations majeures. Ainsi qu’il est essentiel de mettre en place des processus destinés à stimuler la créativité. L’inventivité demande autant d’une liberté d’action qu’une ouverture envers la possibilité de réaliser des activités non conformes aux normes et coutumes, de faciliter les initiatives et les propositions nées hors la hiérarchie.

Troisièmement, le développement des marchés du savoir, la diffusion des technologies de l’information et des nouvelles méthodes d’évaluation des actifs immatériels sont trois caractéristiques de la nouvelle économie qui appellent à l’introduction de modes explicites de gestion des connaissances. Il est essentiel d’évaluer le capital intellectuel de l’université ainsi que son mode de fonctionnement.

Toutes ces raisons qui viennent d’être évoquées conduisent à souligner l’importance et l’urgence d’une mise en place des systèmes de gestion de connaissance dans nos universités.

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